La plupart des médias tech fonctionnent encore selon une logique de flux : publier vite, relayer les annonces des grandes entreprises, formater pour l'algorithme de recommandation. Le résultat est prévisible — une actualité abondante, souvent redondante, rarement contextualisée. Kyrre Baker choisit une autre voie.
Notre approche repose sur trois principes fondateurs. D'abord, la profondeur avant la réactivité. Quand un sujet mérite vingt minutes de lecture plutôt que deux, nous lui consacrons vingt minutes. Cela implique de renoncer à la publication quotidienne compulsive pour privilégier des formats longs, documentés, construits autour d'une thèse claire et vérifiable.
Ensuite, l'attention aux usages réels. La technologie ne se mesure pas à ses spécifications techniques, mais à ce qu'elle change concrètement dans la vie des gens. Nous interrogeons des utilisateurs ordinaires autant que des experts, des développeurs indépendants autant que des cadres de grandes entreprises. La réalité du numérique se joue souvent loin des conférences de presse.
Enfin, la transparence sur nos méthodes. Quand nous citons une étude, nous expliquons ses limites. Quand nous donnons un chiffre, nous indiquons sa source et sa date. Quand nous exprimons une opinion, nous la signalons clairement. Le journalisme tech souffre depuis trop longtemps d'une confusion entre communication d'entreprise et analyse indépendante.
Ce positionnement n'est pas une posture : c'est une nécessité. À mesure que les outils numériques deviennent des infrastructures critiques — pour la santé, l'éducation, la démocratie, le commerce — la qualité de l'information disponible sur ces sujets devient elle-même un enjeu démocratique. Kyrre Baker entend contribuer à combler ce déficit, un article à la fois.